Nantes : Doyen Sports dans l’ombre de Conceiçao

Depuis début novembre, Waldemar Kita n’est plus en odeur de sainteté du côté de Nantes. Pris à parti dans la tribune présidentielle de la Beaujoire en plein match par un petit groupe de supporters, le président nantais a ouvert la porte à un départ. Depuis, beaucoup de choses ont changé chez les canaris. René Girard est parti et Nantes a retrouvé des couleurs, sous la houlette de Sergio Conceiçao. Pour le moment, tout va bien dans le 44, mais ça risque de ne pas durer. En effet, la nomination du coach portugais a permis un rapprochement avec Doyen Sports, le fond d’investissement qui fait scandale.

Déjà un pied dans le sportif

Kita crie à qui veut l’entendre que Doyen est simplement conseiller du président. Cependant, la donne est différente. Le fond d’investissement dirigé par Nelio Lucas n’est pas qu’un consortium d’agent avec une longue liste de joueurs. Tour à tour banque, gestionnaire d’image, de fortune, ou encore recruteur voire même souffleur de conseils aux oreilles de président… Doyen touche à tout, et représente ce libéralisme décomplexé qui prend de plus en plus de place dans le foot moderne.

La nomination de Sergio Conceiçao est le premier pas dans l’implantation du groupe au FC Nantes. En effet, l’ancien coach du Vitorià Guimaraes est un produit 100% Doyen, ce qui n’enlève en rien ses capacités sportives, et son travail considérable qui a permis de redresser le FCN. Seulement, il aime travailler avec des joueurs qu’il connait, et les joueurs qu’il connait sont… des joueurs estampillés Doyen Sports !

Depuis l’arrivée de l’entraîneur portugais, Kita boycotte sa cellule de recrutement, et préfère « suivre les conseils » de Nelio Lucas, qui pourrait tirer grand avantage de la situation.

Des nouveaux traders en Ligue 1

L'homme d'affaire a la main mise sur une partie du marché des transferts européen
Nelio Lucas, le patron de Doyen Sports, a posé sa patte sur de nombreux transferts ces dernières années, notamment à Porto. Crédit photo ©europe-mercato.com

Déjà implanté au Portugal, en Italie et en Espagne, le fond concurrent de Jorge Mendes recherche constamment un nouveau club où s’implanter. Il s’agit pour Nelio Lucas de placer ses produits et donc gagner de l’argent sur la revente de leur poulain, comme sur n’importe quel marché financier.

Si cette méthode est très présente en Europe de l’Ouest, elle est en train de se démocratiser en France. Si Doyen Sports a déjà tenté de s’incruster à l’OM, sous la présidence de Vincent Labrune, d’autres projets « d’achat/revente » voient petit à petit le jour en Ligue 1. Dernièrement, c’est Gérard Lopez, qui a remis le trading de joueurs sous le feu des projecteurs en rachetant le LOSC.

Si le championnat de France attire autant ces investisseurs étrangers, certes peu scrupuleux, c’est qu’il leur offre un moyen de mettre en avant leurs « actifs », ici les joueurs. En effet, la Premier League pille régulièrement l’Hexagone, et pourrait donc servir les intérêts financiers de Doyen Sports, et cela Nelio Lucas l’a bien compris. Beaucoup de clubs de Ligue 1 sont en proie à des difficultés financières, et ne sont donc pas contre lorsqu’un interlocuteur vient leur proposer de l’aide pour pas cher. L’Olympique de Marseille de l’an passé, ou le FC Nantes en sont de parfaits exemples.Si les jaunes et verts montrent un beau visage, Doyen Sports apparaîtrait comme le sauveur du peuple nantais, et légitimerait une relation particulière avec la direction du club.

Cependant, avec une telle politique, le club nantais ne pourrait pas progresser, et se limiterait seulement à jouer le milieu de tableau, tout au mieux, chaque saison. Doyen Sports tirerait tout le bénéfice des résultats des canaris.

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