Kosovo : le chantier ne fait que débuter

Petit pays encastré entre la Serbie, l’Albanie ou la Macédoine, le Kosovo est un nouveau-né dans le monde du sport et de la diplomatie. Indépendante depuis 2008, reconnu par la FIFA et l’UEFA en 2016, cette nation nouvelle tente d’exister sur le plan diplomatique. Son adhésion dans la plupart des instances internationales étant au point mort, le petit pays des Balkans voit dans le sport un formidable porte-voix pour leur cause. Après avoir glané sa première médaille olympique à Rio, il tentera de tirer son épingle du jeu dans un groupe plus que compliqué en ce qui concerne les qualifications pour la Coupe du Monde 2018. Il sera dûr pour les bleu et jaune de sortir de se distinguer face à des épouvantails comme l’Ukraine, la Croatie, la Turquie ou encore l’Islande.

Cependant, la plus grande compétition internationale parait loin au vu du chantier qui attend les Kosovars. 

Bien se structurer pour rattraper son retard

164e au classement FIFA, juste devant le Soudan du Sud et juste derrière Grenade, le Kosovo est un petit pays du football. Cette nation en développement mise sur le développement de ses infrastructures, après avoir digéré l’éclatement de la Yougoslavie.

Le chantier local est en effet très important: un championnat pas encore professionnel, pas de stade homologué par la FIFA (la sélection joue ses matchs en Albanie) et aucune base de données du vivier national… Tout est encore à faire.
Bunjaki, le sélectionneur a donc mis en place, dès sa nomination, des camps de détection pour sonder ce vivier national et faire le point sur les forces en présence.

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Valon Berisha, pour l’instant seul buteur de l’équipe nationale du Kosovo dans les éliminatoires, face à la Finlande. ©AftenPosten.no

Un casse-tête administratif

Si le travail de la fédération et du sélectionneur vont dans le bon sens, l’écart est encore trop important entre les joueurs locaux et le foot international. La présence d’un seul joueur du championnat local sur les 23 joueurs retenus pour affronter l’Islande en est la preuve (et c’est le 3e gardien). Le reste de l’équipe provient de l’énorme diaspora kosovare. Entre Norvège, Pays-Bas, Angleterre ou encore Australie, les joueurs sont éparpillés de par le monde. Cette sélection vient encore d’un énorme travail de Bunjaki qui a sillonné l’Europe pour sonder des joueurs et leur vendre le projet du Kosovo.
Cette particularité a d’ailleurs posé un vrai problème à la FIFA. De nombreux joueurs qui avaient déjà été capés avec d’autres nations, ont voulu changer de sélection pour porter le maillot étoilé.
Que faire ? Quand un joueur veut changer de sélection pour une sélection qui n’existait pas lors de son choix ? La FIFA a tranché: elle étudiera le changement de sélection nationale au cas par cas.
En tout cas, les services administratifs ne se pressent pas. Lors du premier match officiel du Kosovo, en Finlande, 16 joueurs voient leur autorisation de changement de sélection tomber à seulement 5 heures du coup d’envoi.

Le foot kosovar va clairement dans la bonne direction, et regroupe de nombreux talents, comme CelinaZeneli ou encore Rashica. L’avenir peut s’annoncer radieux pour le Kosovo, avec un groupe très jeune encadré par quelques vieux briscards. Mais les kosovars devront franchir rapidement un cap, et peser rapidement sur le foot européen pour légitimer l’énorme travail d’Albert Bunjaki et engranger une spirale positive.

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