Supporterisme en France : une solution en Angleterre ?

Clubs criblés de dettes, enclins à des mobilisations de tribunes envers les directions … Même s’il se montre sous son plus beau jour en Ligue des Champions, le football tricolore n’est pas soigné, loin de là. Criblé de maux qu’il fait mine de ne pas voir, il s’entête à réduire les supporters à de simples pompes à fric, alors qu’ils sont peut-être la solution de bien des problèmes. En Angleterre, les autorités l’ont vite compris, mettant en place un organisme pour aider les supporters à s’organiser et à se faire entendre.

Remettre les supporters au coeur des clubs

Le football britannique jouit d’une ferveur populaire à tous les étages. Cependant, il connait les mêmes problèmes qu’en France. Pendant que la France fait l’autruche, l’Angleterre s’est doté dès 2000 du “Supporters Direct“. L’objectif ? Encadrer et aider les supporters voulant s’organiser pour peser institutionnellement ou économiquement sur leurs clubs. En clair, ils répondent directement à une envie claire des fans d’obtenir un rôle décisionnel important dans la vie des clubs. Appelé “Supporter’s Trust“, ces associations reposent sur des bases démocratiques . Elles doivent être ouvertes à tous, sans discrimination , et adopter le principe d’un homme un vote. L’aboutissement pour ces organisations est l’entrée partielle ou totale dans le capital des clubs. Ils ont par exemple une partie du capital de Swansea, club de Premier League.

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FC United Of Manchester, club créé par des fans de Manchester United refusant la tournure prise par le club sous les Glazer. ©FCUM Forum

Une même volonté, des objectifs différents

Chaque Supporter’s Trust ne naît pas de la même façon, après le même constat. Certains se réunissent pour sauver un club au bord de la faillite, d’autres pour peser sur les choix de leur direction, pour faire pression et obtenir une baisse du prix des places ou encore pour sauver l’identité originelle de leur club. Mais tous ont une chose en commun, une volonté farouche d’être entendu, d’être écouté, d’exister dans le système . Tous les Supporter’s Trust ne sont pas couronnés de succès, certains sont même de cuisant échec mais ils peuvent conduire à de petits miracles, comme à Portsmouth ou à Wimbledon.

Portsmouth sauvé par ses fans

Portsmouth est un club anglais, très ancien, qui a connu une période dorée durant les années 2000, couronnée par une participation en Coupe UEFA et un succès en FA Cup . Le club vivait un petit conte de fée, mais victime de propriétaires peu scrupuleux, “Pompey” se retrouve au bord de la faillite en 5 ans. Descendu en D4, le club est criblé de dettes, mis sous tutelle et proche de la disparition. C’est là qu’un Supporter’s Trust se construit, regroupant plus de 2000 membres. Le groupe, accompagné d’investisseurs locaux et de la mairie, réussit à lever des fonds et acquiert le club ainsi que le stade. En 1 an, les dettes sont effacées, en 3 ans le club réussi à monter en D3. Les supporters ont réussi leur pari. Portsmouth est le plus grand club administré à 100% seulement par ses fans, et les résultats sont plus que satisfait pour l’instant.

AFC Wimbledon, l’aboutissement

Plymouth Argyle v AFC Wimbledon - Sky Bet League Two Play Off Final
Les joueurs de Wimbledon AFC fêtant la montée en D3 Anglaise. ©Evening Standard

L’AFC Wimbledon est un autre exemple parfait pour illustrer les dérives du foot business et comment les supporters s’adaptent. À la suite du choix par la direction de délocaliser le club local de Wimbledon à Milton Keanes, une révolte naît chez les supporters. Ils refusent totalement ce choix, cela conduira à la création de toute pièce du club de l’AFC Wimbledon, totalement administré par ses propres supporters. En 15 ans, le club passe de la D9 à la D3, où ils retrouvent le club de Milton Keanes.
Ce type de club construit par des fans dégoûtés du foot business se développe de plus en plus, que ce soit en Angleterre (Liverpool, Manchester) ou ailleurs comme en Autriche (Salzbourg) par exemple.

Un avenir en France ?

Ce type d’organisation commence à arriver en France, avec les Kalon à Guingamp ou le projet OM Socios à Marseille. L’avenir nous dira si les projets aboutiront, s’ils réussiront à se faire entendre et perdurer dans le temps. Ils ne sont, certes, pas une solution miracle, mais restent utiles pour créer un lien entre la force vive du foot et les décisionnaires. Cela montre aussi qu’un autre football est possible où les supporters ont une place dans les hautes sphères du football et des clubs. Le Football est loin d’être mort, ne vous en faites pas.

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