Quels chantiers pour l’Argentine de Sampaoli ?

Après un peu moins d’un an à la tête de la sélection argentine, Edgardo Bauza a été remercié le 10 avril 2017. Pour retrouver une dynamique positive, l’AFA a choisi Jorge Luis Sampaoli pour reprendre l’Albiceleste. L’ancien entraineur du Séville FC devra impérativement qualifier son pays pour la Coupe du Monde 2018 et retrouver un jeu attractif et efficace. Cependant, la tâche ne lui sera pas facile, au vu des chantiers qui l’attendent.

Le Mondial 2018 en ligne de mire

Sampaoli livre ses premières consignes comme sélectionneur. Photo ©mundoalbiceleste.com

En paraphant son contrat de cinq ans avec l’Albiceleste, Sampaoli réalise son rêve d’enfant de prendre en charge la sélection nationale. Lors de sa présentation, il explique logiquement que l’objectif premier est de jouer ce Mondial 2018. “Cette sélection n’est pas un simple groupe de footballeurs mais bien 40 millions d’Argentins”, explique l’ancien coach du Chili. “Je suis hincha, je veux que l’équipe gagne. Je vais faire tout mon possible pour jouer le Mondial”.

La tâche ne s’annonce toutefois pas si évidente. En effet, l’Argentine pointe à la 5ème place du classement pour les qualifications pour la Coupe du monde dans la zone AmSud et se dirige vers un barrage intercontinental, probablement contre la Nouvelle-Zélande. Les Argentins comptent actuellement deux points de retard sur la Colombie 2ème, mais ne devance l’Equateur que de 2 points. Pour se qualifier, les hommes de Sampaoli auront encore quatre matchs à jouer, dont un déplacement crucial le 31 août prochain en Uruguay. Pour être prêts pour cette rencontre décisive, Sampaoli et son adjoint Beccacece ont rencontré individuellement certains éléments forts de la sélection. Ever Banega, Sergio Romero et Mauro Icardi feront office de cadres dans la sélection menée par l’entraîneur de 57 ans, et ce dernier le leur a bien fait comprendre. Il est aussi question pour eux de permettre aux jeunes espoirs de bien s’intégrer au sein du groupe.

L’insertion des jeunes

Récemment nommé sélectionneur, Sampaoli compte bien installer la jeune garde argentine, menée par Dybala, à la tête de son équipe. Photo ©Eurosport

Les jeunes pousses argentines font d’ailleurs pleinement partie de projet de “Sampa”. Il a frappé fort avec sa première liste, en envoyant certains signaux sur l’avenir de l’Albiceleste. Des joueurs comme Lavezzi ou Aguero ont par exemple été laissés sur le carreau.

Un groupe rajeuni a été formé avec notamment Lanzini et bien sur Dybala. Plusieurs autres jeunes pourraient même devenir des éléments essentiels de l’équipe. Outre le fait que “La Joya” va prendre une dimension plus importante, ce sont aussi des joueurs moins réputés qui auront leur mot à dire. C’est le cas d’Emanuel Mammana. Le défenseur de l’OL est très apprécié par le sélectionneur qui le titularise régulièrement à l’entrainement dans son 3-4-2-1, avec Mercado et Otamendi. L’ancien joueur de River Plate a même été titularisé avec Fazio face à Singapour en amical. Prometteur grâce à son anticipation dans le jeu, Mammana a aussi une bonne expérience chez les sélections de jeunes où il a régulièrement joué en U17 et en U20. Cependant, il doit encore améliorer sa première relance, laquelle sera fondamentale dans les appréciations de son sélectionneur. Malgré une concurrence assez forte le Lyonnais peut prétendre à une place de titulaire dans cette sélection. Une situation aussi espérée par Nicolas Tagliafico, Santiago Ascacibar et bien d’autres joueurs, pour la plupart évoluant encore au pays.

L’identité de jeu à la “Sampa”

En conférence de presse, le sélectionneur a précisé qu’il voulait entourer Lionel Messi de joueurs compatibles. Pour cela, il a déjà rafraichi son effectif avec la présence de Mauro Icardi (blessé contre le Brésil et Singapour), Mammana, Paredes et Joaquin Correa. Ce renouvellement va aussi impacter le jeu qui sera bien différent de ce qu’on voyait avec Bauza. Défense à 3, pression intense, jeu direct seront novateurs par rapport au style plus conservateur des derniers mois. Sampaoli est aussi capable de s’adapter comme il le faisait régulièrement avec le Chili, où ses changements tactiques en cours de match faisaient la différence. Par exemple, contre le Brésil, Guido Rodriguez a remplacé Paulo Dybala, ce qui a amené l’Argentine à jouer plus bas mais à être plus équilibrée et à évoluer en contre-attaque.

Cependant, tout n’est pas encore bien huilé et le travail restant est complexe. La défense à 3 contre le Brésil composé de Maidana, Otamendi et Mercado, a notamment manqué de complémentarité et de justesse technique. La première relance a été souvent compliquée et la relation entre Romero et ses défenseurs pas assez coordonnée. Sergio Romero a d’ailleurs fait autant de passes que Mercado sur l’ensemble de la rencontre, mais beaucoup ont été mal négociées. Dans ce domaine, Geronimo Rulli pourrait avoir son mot à dire. Mais le chantier principal, selon Sampaoli, reste le milieu de terrain. Lors de ses conférences de presse, il a insisté sur le fait que c’était l’espace le plus important pour bien faire fonctionner son équipe. Pour cela, Jorge compte énormément sur Leandro Paredes, qui vient de signer au Zenit. L’ancien de l’AS Roma évoluait au Boca Juniors en tant que numéro 10 (surnommé Roman JR car il est fan de Riquelme) mais a dû évoluer en tant que mediocentro au Chievo, à l’Empoli et à la Roma. A ses côtés, Banega risque aussi d’être un homme clé pour Sampaoli qui le voulait à Séville en janvier dernier. Les chantiers restent complexes, les interrogations toujours plus nombreuses alors que le temps presse.

2 thoughts on “Quels chantiers pour l’Argentine de Sampaoli ?

    1. Je suis assez d’accord avec toi, l’équipe doit se réaffirmer, les anciens doivent intégrer les jeunes espoirs.
      Bel article, cela fait plaisir de pouvoir etre enfin éclairer sur la situation de l’Argentine.

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